10 mots français empruntés à l’arabe

Le patrimoine linguistique de la langue française ne cesse d’évoluer, de s’adapter, d’emprunter. De pastèque en passant par albatros ou seum, plus de 500 mots viennent de l’arabe et enrichissent notre vocabulaire chaque jour.

Après l’anglais et l’italien, l’arabe est la troisième langue d’emprunt du français. L’arabe a su se frayer une place dans notre dictionnaire et notre quotidien ; la langue est aujourd’hui popularisée par la culture du rap.

Voici une sélection de 10 mots communs d’origine arabe – sans forcément le savoir.

Note : les mots figurant dans cette liste tirent leur origine de périodes anciennes et plus récentes ! 

#1 Toubib

Le mot “toubib” qui fait référence à la profession de médecin, tire son origine de l’arabe, plus précisément de l’Algérie.

Lors de la colonisation de l’Algérie à la fin du XIXe siècle, les militaires français à la recherche de médecins étaient souvent orientés vers des “tbib” (ou “ebîb”). Ce terme, issu de l’argot militaire, est ainsi devenu courant dans les hôpitaux militaires à partir de 1914.

C’est à partir des années 1920 en France que “toubib” désignait familièrement un “médecin”.

#2 Caoua

Comment bien débuter sa journée de travail chez Gymglish ? Avec un bon café bien sûr ! Le terme familier “caoua” est apparu dans notre vocabulaire en 1863 et serait une déformation du mot arabe “qahwa”, signifiant “liqueur apéritive” dans l’ancienne langue arabe. Selon certains géographes, le “caoua” peut également être associé à une ancienne province éthiopienne nommée Kaffa, considérée comme le berceau du caféier.

Autres orthographes admises : “kawa”, “kaoua” ou “cahoua”.

#3 Kiffer

Tantôt orthographié “kaif” ou “kayf”, le mot “kiffer” est issu de l’arabe maghrébin “kēf” qui désigne le plaisir, la détente, bref un “état de béatitude”. Il sert également à désigner le plaisir procuré par la consommation du chanvre indien, le haschich.

Aujourd’hui, de nombreuses variantes sont apparues : on parle d’une situation “kiffante”, ou de “surkiffer” quelqu’un ou quelque chose.

Il est à noter que le verbe “kiffer” n’a pas la même origine que “kif-kif”, un adjectif invariable plus ancien qui signifie littéralement “comme comme” en langue arabe.

Le saviez-vous ? Des grands poètes comme Baudelaire ou Apollinaire ont utilisé le mot (écrit “kief”) dans leurs œuvres au XIXᵉ siècle.

#4 Clebs

Dans l’argot français, “clebs” et son dérivé “clébard” désignent l’animal de compagnie à quatre pattes, le chien.

C’est en remontant au mot “kilab”, pluriel de “kelb”, qui signifie “chien” en arabe classique, que la langue française aurait emprunté le mot “cleb”. Depuis la fin de la Première Guerre Mondiale, celui-ci prend désormais “s” à la fin, au singulier comme au pluriel.

Aujourd’hui, le terme “clebs” bénéficie de plusieurs orthographes. D’après Le Larousse, il peut à la fois s’écrire “kleb” et “cleps”. L’orthographe “klebs” est également admise au singulier d’après le Robert.

#5 Mousseline

Le mot mousseline, délicat tissu en coton utilisé pour les broderies, ne proviendrait pas de sa ressemblance avec la texture de la mousse, mais bien d’un hommage à sa ville d’origine Mossoul, située au Nord de l’Iraq.

Par analogie, le terme serait utilisé afin de désigner la texture légère et la couleur blanche de la purée, souvent idolâtrée par les jeunes enfants.

#6 Orange

Le mot “orange” prend ses racines dans l’arabe “nāranj” (lui-même emprunté au persan narang) et s’immisce dans le vocabulaire espagnol avec “naranja”, portugais avec “larandja” et enfin italien avec “arancia”.

Le saviez-vous ? L’orange est originaire de la Chine et fut introduit dans le reste du monde par des navigateurs portugais. Ainsi, en arabe, la locution “orange” signifiait autrefois … le Portugal !

#7 Zenith

Le “zénith” désigne le point du ciel situé à la verticale au-dessus de l’observateur, la “voie au-dessus de la tête” (samt ar-ra’s en arabe).

Le mot serait le fruit d’une lecture erronée par les scribes du Moyen-Âge du mot “samt” qui signifie “chemin” en arabe. “Samt” est ainsi devenu “zemt”, puis “zenit” et enfin “zenith” avant d’entrer dans notre vocabulaire au XIVe siècle.

Le saviez-vous ? La langue française a emprunté de nombreux mots de la science à l’arabe, parmi eux “algèbre”, “algorithme” ou encore “zéro”. 

#8 Magasin

Le mot “magasin” viendrait originellement de l’arabe “makhāzin” et signifiait alors “entrepôt” ou “bureau”. Au fil du temps, le mot est devenu “mahazin” puis “magasin”. Le terme a ensuite été repris par la langue anglaise sous l’orthographe “magazine”.

#9 Bougie

Autrefois, la ville de Béjaïa en Algérie s’appelait Bougie et était réputée à travers l’Europe pour la qualité de ses chandelles faites à base de cire d’abeille. 

Le mot est entré dans la langue française il y a près de huit siècles et servait à l’époque à désigner la cire de ces chandelles importées. Aujourd’hui, le terme “bougie” se réfère aux chandelles elles-mêmes. 

Note : La ville de Béjaïa située au bord de la Méditerranée possède trois noms différents : Bgayet, Béjaïa et… Bougie.

#10 Hasard

Le mot “hasard” serait un emprunt de la locution arabe populaire “az-zahr”, traduction de “dé”. Au Moyen Âge, le terme désigne le jeu de dés lui-même, et par extension, un coup favorable à ce jeu.

Au XVᵉ siècle, le mot change légèrement de sens en intégrant une connotation négative et désigne un “risque”, un “danger” ou un “péril”, idée que l’on retrouve dans le dérivé “hasarder” et le mot anglais hazard (“danger”). Son sens s’est par la suite élargi pour désigner “un “événement fortuit” une “coïncidence”, un fait dont on ignore la cause réelle. Ceci explique pourquoi aujourd’hui, le terme peut à la fois avoir une connotation positive ou négative.

Bonus : Alcool 

Saviez-vous que le mot “alcool” vient de l’arabe “al khôl” ? Ce terme sert à désigner une fine poudre minérale utilisée pour embellir et protéger contour des yeux. Par extension, “al khôl” fut utilisé par les alchimistes arabes et berbères pour désigner tous types de poudres fines et liquides distillés, utilisés pour leurs vertus thérapeutiques. C’est ainsi que ce mot s’est généralisé dans beaucoup de langues, dont le français au XVI siècle.

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