Ces 10 mots français empruntés à l’italien

L’italien a eu une influence considérable sur la langue française au même titre que le grec, le latin et l’anglais. Dès la Renaissance au XVIᵉ siècle, la langue italienne se fait remarquer : aux yeux des Français, la langue est fascinante. Parler italien, c’est bien vu, mais s’inspirer de ses mots, c’est encore mieux !

Si les emprunts de l’italien sont si nombreux (plus de 2 000 mots français au total), c’est notamment parce que l’italien – comme le français – est issu du latin, rendant l’assimilation phonétique des mots plus naturelle.

Découvrons ensemble 10 mots français aux origines italiennes.

#1 Banque

Entré dans la langue française au milieu du XVᵉ siècle, le mot “banque” trouve son origine dans l’italien banca. Au Moyen-Age, ce terme désignait le banc ou comptoir de vente en bois sur lesquels s’installaient les premiers banquiers originaires de Lombardie (région prospère située au nord de l’Italie).

Le saviez-vous ? Le mot “banqueroute” vient de l’italien bancarotta, composé du mot banca (“banque”) et rotta (participe passé du verbe rotare, “rompu”). Lorsqu’un changeur ou un banquier faisait faillite, on cassait symboliquement le banc où s’effectuaient leurs opérations !

#2 Alerte

Le mot “alerte” est un emprunt à la locution italienne all’erta composée de all (“à la” ou “sur la”) et erta (“pente”) et se traduit par “sur ses gardes”. Nous devons la première occurrence du mot “alerte” à Rabelais dans son romain Le Quart Livre en 1548, sous la forme de la locution adverbiale “estre a l’herte” qui signifie “être sur le qui-vive”.

Le mot “alarme” en est proche sémantiquement et provient de la locution italienne all’arme, littéralement “aux armes”.

Note : parmi les termes liés au vocabulaire militaire, nous devons également “bataillon” (battaglione), “cartouche” (cartuccia) ou encore “sentinelle” (sentinella) à l’italien.

#3 Artichaut

Légume qui peine à plaire aux plus jeunes, “artichaut” proviendrait du mot articiocco, tel qu’il était écrit en Lombardie et dans le Piémont au XVIᵉ siècle. Le mot s’est ensuite transformé en carciofo et s’est transposé en français et en espagnol avec alcachofa et en portugais avec alcachofra. 

Le saviez-vous ? Selon d’autres étymologistes, le mot pour désigner ce légume serait d’origine arabe (al karchouf).

#4 Masque

Très certainement le mot le plus employé en 2020, “masque” puise son origine dans le mot italien maschera qui signifie “faux visage” et désigne un déguisement que l’on utilisait pour se couvrir la figure. Puis, par analogie, le mot s’est appliqué à un appareil protecteur (comme un masque de plongée).

Note : le mot “mascarade” a également été emprunté à l’italien mascherata, un dérivé de maschera.

#5 Farniente

Il est commun de retrouver des mots italiens ayant conservé leur forme originale dans les dictionnaires français : c’est le cas de “farniente”. Le mot a été introduit en français grâce à une lettre de Mme de Sévigné au XVIIᵉ siècle sous sa forme originale far niente (construit du verbe fare, “faire” et du mot niente, “rien”). Contrairement au mot français “fainéant” (construit de “fait” et “néant”) qui a une connotation négative, “farniente” renvoie à une douce oisiveté ou une période de repos.

#6 Brigade

On doit le mot “brigade” à l’italien brigata qui veut dire “troupe” ou “bande”.

En français, le mot “brigade” fait référence à une troupe armée, puis, par association, à un petit groupe d’ouvriers ou équipe qui obéit aux ordres d’un chef. Le terme s’emploie notamment dans le monde criminel (“brigade des stupéfiants” par exemple). Les dérivés du mot “brigade” sont nombreux : “brigadier”, “embrigader”, “embrigadement”, etc.

Le terme “brigand” provient lui aussi de la même étymologie et est un emprunt à l’italien brigante qui signifie “qui fait partie d’une troupe”.

Le saviez-vous ? Dans les années 1970, une organisation terroriste d’extrême gauche s’est formée sous le nom de Brigate Rosse (“Brigades rouges”).

#6 Biscotte

Notre petit plaisir croustillant du matin serait d’origine italienne avec biscotto, composé du préfixe bis (“deux fois”) et du verbe cotto (participe passé de cuocere, “cuit”). D’après la légende, un boulanger italien aurait cuit son pain invendu de la veille une seconde fois pour éviter les pertes et mieux le conserver. Le mot français “biscuit” s’est construit en suivant la même étymologie “bis” et “cuit” !

Note : en italien, biscotto est la forme au singulier et biscotti au pluriel. 

#7 Perruque

Parmi les emprunts associés au monde de l’habillement, nous retrouvons le mot “perruque”. Bien que peu utilisé au XVIᵉ siècle, le mot provient de l’italien parruca (“chevelure”). En Lombardie, on parle de peluch, de pluch dans le Piémont, de pelluco à Gênes et de pilucca en Sardaine.

Le saviez-vous ? Le mot “postiche” vient également l’italien posticcio – lui-même dérivé du verbe porre (“mettre” ou “poser”) qui signifie “artificiel” ou “factice”.

#8 Banquet

Nous devons l’apparition du terme “banquet” à l’italien banchetto (“petit banc” ou “festin”), lui-même dérivé de banco (“banc”). Traditionnellement, lors de banquets, les convives s’installaient sur des petits bancs disposés autour de plusieurs tables collées les unes aux autres.

#9 Grotesque

Le mot “grotesque” est issu de l’italien grottesca, issu du mot grotta, (“grotte”) et fait référence à une “décoration murale riche et fantaisiste”, ornée à la manière des fresques romaines découvertes à la Renaissance. 

En français, le sens a été modifié par analogie. Ainsi, lorsque l’on qualifie quelque chose ou quelqu’un de “grotesque”, cela peut être à la fois synonyme d’”extravagant”, de “ridicule” ou “de mauvais goût”.

#10 Gambette

Enfin, il semblerait que le mot d’argot français “gambette” tire son origine de l’italien gamba “jambe” et du suffixe diminutif etta.

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