Luc Chatel veut faire plus d’anglais avec moins d’Anglais !

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Le ministre de l’Education Luc Chatel a esquissé hier 4 avril son projet pour les langues vivantes.

Questionné dans une interview au Figaro sur la cohérence de son projet avec les actuelles suppressions de postes d’intervenants étrangers, le ministre répond “Nos jeunes enseignants parlent désormais davantage l’anglais, ils peuvent l’enseigner”.

Certes.

L’enseignement de l’anglais dans le système scolaire français présente une particularité : la majorité des professeurs d’anglais sont français. Si tout le monde s’accorde à dire que les résultats ne sont pas au rendez-vous (“une vraie faiblesse de notre pays, nous ne sommes pas bons en anglais”, selon les propres termes de M. Chatel), n’y aurait-il pas là une relation de cause à effet?

Personnellement, mes professeurs d’anglais ont toujours été français, et je n’ai connu que des classes chahutées, des camarades peu motivés, dissipés et terrifiés à l’idée de prendre la parole (moi le premier).

Ainsi mes seuls bons souvenirs de cours d’anglais (et de classes qui écoutent et participent à la discussion) se résument à ces rares visites d’intervenants étrangers : ces jeunes étudiants natifs d’Angleterre, d’Irlande ou d’ailleurs venus nous parler dans leur langue maternelle, dans un anglais pratique, moderne voire argotique, et évoquer avec nous leurs histoires et cultures respectives.

Ceux-là même dont M. Chatel supprime les postes aujourd’hui !

L’anglais, comme toutes les autres langues, n’est pas seulement un assemblage de règles de grammaire, de mots de vocabulaire et de façons de prononcer.

L’anglais est une culture, un humour, une façon de parler, des expressions, et pour une classe de jeunes : une découverte de l’étranger.

Il ne s’agit pas de dire que les professeurs (d’anglais) français sont incompétents, ou qu’ils ont un mauvais accent (quoique!), mais le concours des intervenants étrangers nous semble non seulement indispensable mais aussi en trop petite dose. Ainsi sur le plan pédagogique, supprimer ces postes d’intervenants étrangers nous paraît une absurdité.

Sur le plan politique en revanche, la mesure de M. Chatel est loin d’être stupide : les étrangers ne votent pas.

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