mardi 16 novembre 2010

Externalisation au Vietnam - L’exemple, l’aventure, la cause d’Officience

Entrons dans les locaux d’Officience à Ho-Chi-Minh-ville, au Vietnam, et mettons un visage sur le concept d’externalisation vers les pays émergents. Au premier abord abstrait, ce concept est devenu pratique courante dans notre économie globalisée. Officience est spécialisée dans l’externalisation au Vietnam de divers services de saisie, traitement de données, tests, compilations de rapports, suivis administratifs, développements logiciels... L’entreprise a été fondée en 2005 par Duc Ha Duong et Cao Phong Duong, deux ‘Viet-Kieu’, c’est à dire des Vietnamiens de la diaspora. Dans les années 70, après la guerre et l’installation du régime communiste dans un Vietnam réunifié, des milliers d’intellectuels, artistes, entrepreneurs fuient le pays pour l’occident, et principalement la Californie, la France et le Canada. Trente ans plus tard, nombre d’entre eux reviennent, avec la ferme intention de contribuer au développement d’un Vietnam en ébullition. Duc et Cao Phong sont de ceux-là. Nés et éduqués en France, devenus cadres supérieurs dans des grands groupes français, ils décident de quitter leurs confortables salaires et cocons parisiens pour aller fonder une entreprise à l’autre bout de la terre. Deux Français laissent deux places vacantes en France, se délocalisent eux-mêmes, non pour s’enrichir, mais pour apporter leur petite contribution au Vietnam, au monde, et créer des emplois.



A regarder la file de mobylettes alignées à l’entrée du siège d’Officience, Duc et Cao Phong en ont créé un paquet des emplois depuis 2005. Cent-cinquante personnes, dont une vingtaine de managers travaillent dans des conditions équivalentes sinon meilleures que dans la plupart des entreprises françaises. Les bureaux sont modernes, spacieux, une grande cantine rassemble les employés chaque midi au rez-de-chaussée. Des canapés, une terrasse et une table de ping-pong les y attendent pour digérer, jouer, se reposer. Après le déjeuner, la cantine se transforme en classe d’anglais, une quinzaine de jeunes Vietnamiennes viennent s’assoir, écoutent et participent activement au cours, à la fois studieuses et amusées. Puis toutes remontent dans les étages pour reprendre leur travail, probablement saisir, éditer des documents, ou développer des sites web pour le compte de grands groupes européens.


Pour Duc, proposer des services dits à moyenne valeur ajoutée ne correspond pas seulement à une demande du marché : “nous aurions pu faire travailler quinze personnes très qualifiées sur des technologies de pointe ou autres services à forte valeur ajoutée. Le Vietnam dispose aussi de ce type de ressources, et le marché est demandeur, mais nous n’aurions alors contribué à la société vietnamienne qu’à hauteur de quinze salaires élevés, soutenant quinze foyers aisés, très friands qui plus est de biens étrangers, un Ipod, un écran Sony, une Mercedes, soit une consommation qui n’enrichit pas le Vietnam”. Au lieu de cela, Officience emploie, forme et fait vivre plus de cent-cinquante personnes avec des salaires moyens, soutenant plus de cent foyers d’origines modestes. Ceux-ci consomment Vietnamien, et développent bien davantage le tissu économique local, nous explique Duc.


Ces emplois vietnamiens se sont-ils créés au détriment d’emplois européens ? Externalisation peut aussi vouloir dire délocalisation, et les conséquences sociales dans les pays développés sont souvent désastreuses. Vagues répétitives de licenciements, agglomérations entières privées subitement de leurs moteurs d’emplois historiques. L’expérience d’Officience est autre, peut-être propre à son secteur d’activité : “Le volume d’activité précédemment effectué dans des pays développés et qui a été relocalisé au Vietnam représente moins de 10% de l’activité totale. Tout le reste est de l’activité nouvelle, originale”, nous explique Duc, “l’offshoring n’est pas une menace pour les sociétés européennes, mais plutôt une chance pour elles d’améliorer leur performance, de développer de nouvelles sources de revenus, et de permettre à ses employés « onshore » de se concentrer sur les valeurs ajoutées les plus fortes, le développement plutôt que les tests, la relation client plutôt que la compilation des rapports.” Chez GymGlish, notre expérience avec Officience est justement celle de la création d’activité nouvelle, originale, et du développement de nouvelles sources de revenus. L’équipe d’Officience a orchestré seule le lancement sur le marché vietnamien de notre solution de formation professionnelle à l’anglais. Grâce au dynamisme et à la créativité de l’équipe, le site gymglish.vn compte déjà plus de 100.000 membres.


Au dernier étage du bâtiment se trouvent les bureaux des managers, parmi lesquels d’autres Viet-Kieu venus comme Duc et Cao Phong apporter leurs énergies et idées au développement du Vietnam. Chose étrange, seul le PDG n’est pas installé au dernier étage : Duc s’est encore délocalisé, au rez-de-chaussée cette fois, dans un étroit bureau adossé à la cantine, pour éviter à son assistante blessée de gravir béquilles aux bras les trois étages du bâtiment. Tous les patrons n’auraient pas fait cela. Alors lorsque que l’un d’entre eux traite avec tant de sensibilité ses collaborateurs, il y a toutes les chances qu’il en fasse de même pour ses clients. Officience donne à l’externalisation vers les pays émergents un visage de coopération dans un monde de compétitivité. Ce n’est qu’un visage parmi d’autres, mais il est porteur de sens, et la compétitivité est au rendez-vous.

Plus d'informations sur Officience

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3 commentaires:

  1. Les bureaux d'Officience ont l'air TOP!

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  2. another good idea of gymglish

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  3. Simone (Bretagne - New Zealand)8 décembre 2010 à 10:50

    Look great! Best of wishes to Them and You

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